L’accueil de la petite enfance en grave péril
Samedi 29 mai : Parents-professionnels, déferlante nationale pour la petite enfance
Pour le retrait du nouveau décret sur l’accueil collectif
Pour un plan d’urgence pour la petite enfance


Les mesures gouvernementales qui se succèdent ou qui s’annoncent mettent gravement en péril la qualité des modes d’accueil de la petite enfance :

- en lançant à titre expérimental des « jardins d’éveil » pour les enfants de deux à trois ans, en fixant un taux d’encadrement de 12 enfants par adulte (alors que le taux d’encadrement actuel est de 8 enfants par adulte pour la même tranche d’âge en crèche collective) ;
- en prévoyant de réformer le décret relatif aux établissements et services d’accueil des enfants de moins de six ans, notamment : en abaissant la qualification globale des équipes auprès des enfants avec la diminution de 50% à 40% du taux de personnels qualifiés (auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants) ; et en portant la capacité d’accueil en surnombre de 10 à 20% de l’effectif habituel d’enfants ;
- en permettant aux assistantes maternelles agréées d’accueillir 4 enfants au lieu de 3 auparavant, tout en fixant une norme minimale d’agrément à deux enfants et en réduisant la formation initiale à 30 heures au lieu de 60 auparavant ;
- en autorisant l’ouverture de structures appelées « regroupement d’assistantes maternelles » pouvant accueillir jusqu’à 16 enfants, sans aucune norme de fonctionnement et d’encadrement, notamment sur le plan du projet éducatif, autre qu’une convention signée avec la CAF et le Conseil général (qu’un projet de loi en cours de discussion prévoit même de supprimer) ;
- en supprimant des milliers de postes d’enseignants avec pour conséquence une nouvelle réduction des capacités d’accueil des enfants de 2 à 3 ans à l’école maternelle ;
- en prévoyant d’inclure les modes d’accueil de la petite enfance dans le champ de la transposition de la directive « Services » 2006/123/DE du Parlement européen, ce qui ouvrirait la voie à la mise en concurrence et à la privatisation de l’accueil des jeunes enfants.

Le SNMPMI, avec de nombreux autres syndicats et associations réunis dans le collectif Pas de bébés à la consigne, appelle l’ensemble des parents et professionnels de la petite enfance, de la santé et de l’éducation à se mobiliser pour résister à ce recul majeur de la qualité d’accueil des jeunes enfants.

Une carte pétition à signer en ligne est disponible sur le site de Pas de bébés à la consigne.

Pour suivre les initiatives du collectif Pas de bébés à la consigne, rendez-vous régulièrement sur le site.

Le 11 mars et le 8 avril 2010 ont marqué un mouvement d’une ampleur exceptionnelle des professionnels de la petite enfance pour préserver la qualité d’accueil des tout petits. Ces deux journées ont vu plus de 50% de grévistes dans toute la France, des centaines et des centaines d’établissements fermés, 8000 à 10 000 manifestant-e-s à Paris, des centaines dans chaque ville lors de plusieurs dizaines de rassemblements en province. Du jamais vu dans le secteur de la petite enfance depuis plusieurs décennies !

Mais le gouvernement n’a pas entendu notre voix. Pour toute réponse, Madame Morano n’a même pas daigné recevoir une délégation le 8 avril.
Le gouvernement persiste : plus de bébés accueillis par des professionnels moins qualifiés, voilà son ambition pour la petite enfance ; déqualifier les professionnel-le-s de la petite enfance, voilà sa conception de la promotion professionnelle des femmes (pour 95% ces métiers sont exercés par des femmes).

Le SNMPMI invite les médecins et professionnels de PMI à participer avec les parents samedi 29 mai prochain à la Déferlante nationale de la petite enfance : lire le tract d’appel à ces initiatives.
Le collectif "Pas de bébés à la consigne" vous invite à cette occasion à écrire, vous aussi, au président de la République.


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