Le ministère de la Santé publie un rapport de l’IGAS "Organisation de la périnatalité dans les territoires : affirmer une logique de santé publique"
Publié le jeudi 6 août 2026
L’IGAS a produit un rapport "Organisation de la périnatalité dans les territoires : affirmer une logique de santé publique", publié par le ministère de la santé le 5 août 2026.
L’IGAS confirme notamment que "la dégradation de la mortalité infantile est un phénomène multifactoriel, le rôle des facteurs d’ordre populationnel s’avère prédominant, en particulier dans la prévalence accrue de la prématurité (grande et extrême), elle-même responsable de l’essentiel de la mortalité néonatale (...)
Parmi les éléments qui concourent à cette situation, la mission a souligné principalement l’impact de :
• l’élévation de l’âge moyen des femmes enceintes (de 29,9 à 30,7 ans de 2010 à 2019), ainsi que la part des mères de 35 ans et plus (de 19,1 à 25,8 % sur la même période) (...)
• le poids de la précarité sociale et des difficultés socio-économiques : la mortalité néonatale est fortement liée aux facteurs socio-économiques et le risque de décès néonatal est nettement plus élevé dans les zones les plus défavorisées où vivent les femmes les plus pauvres. (...)
• s’inscrivant en partie dans cette problématique socio-économique et culturelle prégnante, la présence de femmes enceintes d’origine étrangère plus nombreuses emporte des conséquences notables en termes de mortalité infantile : les enfants de femmes immigrées présentent en effet un risque accru de complications, dans le même temps où leurs mères connaissent un risque plus élevé de mort maternelle ou de morbidité maternelle sévère. (...)
Selon la mission, l’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue, en effet, d’abord, en amont, au cours de la grossesse, dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque ; et, ensuite, en aval, après l’accouchement, dans la capacité à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie."
Concernant la situation et la place de la PMI dans la politique de périnatalité, l’IGAS indique que "les services de PMI restent confrontés à d’importantes difficultés en termes de ressources humaines. Ils peinent à recruter, parfois même à fidéliser, certains de leurs professionnels et sont confrontés à une évolution défavorable de la pyramide des âges avec le départ à la retraite de nombreux professionnels. Cela entraine une moindre capacité d’intervention, des risques de rupture dans l’organisation des prises en charge et ce que certains qualifient de risque de « perte de mémoire » au sein des PMI. Ainsi, parmi les principales catégories de professionnels susceptibles d’intervenir au cours du parcours périnatal, les difficultés en termes de ressources humaines concernent notamment les médecins. (...)". L’IGAS estime qu’"une part importante de l’amélioration de la situation globale dépendra en effet de la capacité qu’aura la PMI à apporter son concours au renforcement de la prévention, de la détection puis de la prise en charge des situations les plus à risque. La mission recommande ainsi que, dans l’ensemble des territoires, la PMI soit pleinement associée, et fortement impliquée, dans la conception et la mise en œuvre concrète de toutes les recommandations du présent rapport relatives à l’amélioration de la prise en charge du parcours périnatal qui concernent son champ de compétence". Dans sa recommandation n°16 l’IGAS appelle "les conseils départementaux à renforcer l’action des PMI dans l’ensemble des territoires en les impliquant dans chacune des mesures proposées pour améliorer la prévention, la détection et la prise en charge des difficultés tout au long du parcours périnatal. La mission préconise, par ailleurs, que soit réalisé à brève échéance un examen approfondi de l’intervention des PMI dans le champ de la périnatalité et suggère pour cela qu’une mission dédiée puisse être diligentée sur cet aspect."
Lire ici le rapport de l’IGAS.
Parallèlement la mission périnatalité initiée par la ministre de la Santé a rendu ses première conclusions le 8 juillet dernier, à lire ici.